Internet fait bondir la consommation d’énergie |
En un petit clic pour effectuer une recherche sur Google, vous consommez autant qu’une ampoule pendant une heure ! Une requête sur Internet fait en effet intervenir une cascade d’appareils électriques, depuis votre PC jusqu’aux serveurs de Google, réunis par milliers dans d’immenses hangars, les data centers, où se traitent les données par milliards de milliards d’octets. « La bulle Internet a généré la fabrication de millions de serveurs », expose Adrien Porcheron, directeur général de Dotgreen, une jeune PME qui aide les entreprises à reduire la facture énergétique de leur informatique. Il existerait environ 45 millions de serveurs dans le monde. A eux seuls les grands data centers ont doublé leur consommation éléctrique de 2000 à 2005. Rien qu’en Europe de l’Ouest, la facture énergétique de l’ensemble de ces « fermes » de serveurs aurait atteint 4.9 milliards d’euros, selon le cabinet IDC. « L’anecdote sur la voracité énérgétique d’une recherche sur Google relève de la légende urbaine », sourit Adrien Porcheron qui la reprend néammoins sur son site, « car il est très difficile de calculer l’énergie utilisée par un consommateur sur des équipements partagés par des milliers de personnes ». On sait, en revanche, qu’aux etats-Unis « les centres de données consomment 3% de l’électricité du pays », constatait le mois dernier Steven Chu, le ministre américain de l’Energie. D’ici à deux ans, les data centers américains émettront autant de CO² que les avions aux Etats-Unis. En France, un rapport établi par Michel Petit, remis en septembre 2009 à Christine Lagarde s’inquiétait « du modèle de croissance non durable des centres de données ». Dans nombre d’entre eux, pour un kilowatt (kW) depensé pour un serveur, un autre kW est nécessaire pour en dissiper la chaleur. Le sujet est tellement préocuppant que les régulateurs de la planète pourraient dans les prochaines années obliger industriels et clients à réduire leur consommation électrique. Google possède plus d’un million de serveurs L’industrie informatique n’a pas attendu la récente prise de conscience des politiques pour faire de l’énergie une priorité. Le portefeuille a pesé davantage que les préocupations écologiques. Un bémol pourtant : selon un sondage mené par le consortium The Green Grid crée par les Géants Microsoft, IBM, Google, Intel, Sun ou encore AT& T, 72% des entreprises interrogées n’ont aucune stratégie pour réduire l’appétit électrique de leurs centres de données. Google, qui possède plus d’un million de serveurs dans le monde, travaille depuis dix ans à réduire sa facture énergétique et donne même des conseils sur la manière de concevoir des data centers plus économes. Nos fermes de serveurs consomment « cinq fois moins d’énergie que des centres de calcul conventionnels », assurait fin 2008 Urs Hölzle, vice-président de Google chargé de l’exploitation. Les pistes pour verdir les data centers ne manquent pas. Les spécialistes estiment qu’un tiers de l’électricité consommée par un serveur est gaspillée avant d’atteindre les machines elles-mêmes, notamment pour convertir le courant alternatif du réseau en courant continu. Davantage que la climatisation, « faire tourner les serveurs 24 heures sur 24 » génère du gaspillage, note Anaïs Fourest, de la société EcoAct, qui vend conseils en efficacité énergétique et bilans carbone. « Les data centers sont conçus pour les pointes car on ne sait jamais à l’avance quelle sera la demande, complète Bad Wurtz, PDG de la société américaine Power assure. Des serveurs qui s’allumeraient en fonction de la demande généreraient, rien qu’aux Etas-Unis, 25 milliards de dollars d’économie. Les fabricants de matériel informatique, de logiciels et les cabinets de conseil ont compris l’enjeu économique du green business. Car les technologies de l’information ne sont pas près d’arrêter leur course. Source "Le Figaro" 16 Mars 2010 RETOUR VERS TOUTES LES ACTUALITES
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