Samsung empoche des milliards dans les cartes mémoire et les écrans LCD
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Samsung empoche des milliards dans les cartes mémoire et les écrans LCD

Le Groupe coréen anticipe 2.8 milliards d’euros de bénéfices d’exploitation  en un trimestre.
Ces résultats sont tirés des produits finis et du dynamisme de son activité de sous-traitance



La croissance est de retour dans les hautes technologies et les géants du secteur se frottent les mains.

Samsung, numéro un mondial des écrans plats et des cartes mémoire, a attaqué 2010 avec un appétit féroce et anticipe un bénéfice d’exploitation record de plus de 2.8 milliards d’euros pour le premier trimestre.

Sept fois plus qu’il y a un an, lorsque la récession mondiale frappait de plein fouet les téléphones portables, les ordinateurs et les puces électroniques.

L’empire sud-coréen a laissé passer l’orage et surfe désormais sur la reprise de la consommation en enregistrant une hausse des ventes de 18.6% par rapport à 2009.

Mais le redémarrage encore fragile de la demande mondiale ne suffit pas à expliquer cette explosion des bénéfices. Samsung récolte les fruits de sa stratégie mêlant la sous-traitance d’équipements électroniques et la vente de produits finis qui lui a permis de réagir au quart de tour au changement de conjoncture.


Stabilisation des cours

Premier fabricant au monde de cartes mémoire, le géant basé à Suwon, au sud de Séoul, tire des profits juteux de l’envolée des prix de ces composants essentiels des ordinateurs.

Le redémarrage brutal des ventes d’ordinateurs fin 2009 a pris de cours une production mondiale qui s’était contractée pendant la crise, conduisant à la pénurie et à l’inflation des cours.

Le Chaebol joue et gagne sur deux tableaux en approvisionnant en priorité ses ordinateurs pour abreuver les marchés tout en sous-traitant à prix d’or ses cartes mémoire à ses concurrents.

Un apport financier qui représenterait 46 % du bénéfice opérationnel de Samsung.


Autre facteur favorable, l’engouement planétaire récent pour les Smartphones et les nouvelles tablettes électroniques, dont l’Ipad d’Apple, qui tire vers le haut la demande d’écrans à cristaux liquides (LCD). Premier vendeur au monde de LCD, Samsung profite indirectement du développement de ces nouveaux marchés.

Une sous-traitance réussie qui permet de camoufler les performances mitigées du groupe sur ces nouveaux secteurs porteurs.

Le mastodonte du pays du Matin-Calme, qui talonne le finlandais Nokia en vue de la suprématie mondiale sur les téléphones portables, a été pris de cours par l’arrivée de l’iPhone.

«La compétition sur les téléphones portables va être de plus en plus rude », prévoit Chang Sea-Jin, professeur à l’Université nationale de Singapour.

En dépit des ambitions affichées du groupe, beaucoup d’experts doutent de sa capacité à dominer le marché du Smartphone.

La très belle performance du premier trimestre sera difficile à rééditer au-delà du second semestre car l’environnement pourrait changer.

Le cours des cartes mémoire devrait se stabiliser et la devise Sud-Coréenne, largement sous-évaluée durant la crise, devrait s’apprécier et réduire la compétitivité de Samsung.

Un tableau inquiétant, volontairement noirci par Lee Kunhee, l’ancien président, pour justifier son retour au pouvoir, le 24 mars. «Dans dix ans, la plupart des produits qui font la force de Samsung auront disparu. Nous devons repartir de zéro », a prévenu le fils du fondateur qui avait dû démissionner en 2008, poursuivi pour malversation financière.

 Source "Le Figaro" 7 Avril 2010


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