Pourquoi Facebook est là pour durer
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Pourquoi Facebook est là pour durer

Les utilisateurs actifs de Facebook sont plus de 400 millions aujourd’hui, alors qu’ils n’étaient que 50 millions il y a seulement trois ans.



Les utilisateurs actifs de Facebook sont plus de 400 millions aujourd’hui, alors qu’ils n’étaient que 50 millions il y a seulement trois ans. 

Si les réseaux sociaux suivaient encore le modèle des bars jeunes et branchés des centres villes (un jour à la mode, has been le lendemain), on pourrait s’attendre à voir les foules décamper rapidement.

Mais facebook a peu de chances de connaître ce sort. Le site a astucieusement imité la stratégie des «effets de réseau » utilisée par une autre marque depuis longtemps en position dominante dans l’industrie informatique : Microsoft Windows.

Les économistes entendent par effets de réseau la façon dont la valeur d’un produit ou d’un service croît de pair avec le nombre d’utilisateurs. Si vous êtes 10 à posséder un compte de messagerie, son utilité est limitée ; si vous êtes un milliard, sa valeur pratique monte en flèche.

Un membre de facebook bénéficie d’avantages immédiats lorsqu’il ajoute un ami, ce sont là des effets de réseau directs. Le nombre d’amis moyens s’élève toutefois déjà à 130 et, à moins d’avoir un instinct grégaire prononcé, ces effets s’amoindriront au-delà d’un certain point.

L’usager lambda profite indirectement des effets de réseau potentiellement plus puissants génerés par le nombre énorme des abonnés inconnus connectés à Facebook.
Car c’est cette masse qui attirera les fournisseurs de produits et de services complémentaires ; Dans le cas de Windows, l’immense base installée a attiré des développeurs tiers qui ont à leur tour drainé d’autres consommateurs.

L’iPhone d’Apple a suivi ce cercle vertueux. De la même manière sur Facebook, les concepteurs d’applications comme FamilyLink, Marketplace et iLike’s Music ont crée un univers logiciel présentant un nombre de choix quasi illimité. Et Cela a entraîné un afflux de nouveaux utilisateurs.

En mai 2007, la décision du site de s’ouvrir aux développeurs externes a été une « transformation décisive », estime Charlene Li, fondatrice de l’Altimeter Group, société de consulting en stratégie.

Le portail sert aujourd’hui de canal de communication aux entreprises, aux ONG, à l’administration publique ou aux célébrités. Là aussi, les effets de réseaux battent leur plein : le nombre d’utilisateurs attire le gotha qui, à son tour, séduit de nouveaux internautes.

Si ces effets sont assez forts, ils peuvent faire pencher la balance et mettre une plate-forme sur orbite. « Comme le montre l’exemple de Windows, une fois qu’un marché touché par les effets de réseau bascule vers une plate-forme dominante, il devient très difficile d’inverser la tendance », ajoute Andrei Hagiu, professeur adjoint à la Harvard Business School.

Le géant des réseaux sociaux multiplie les opportunités de fidélider ses membres. D’autres sites peuvent devenir des partenaires Facebook connect : ils offrent alors la possibilité à leurs visiteurs de se connecter avec leur identifiant Facebook et de continuer à interagir avec leurs amis.

La société affirme que plus de 60 millions d’internautes utilisent ce service chaque mois. Celui-ci revêt cependant un risque stratégique. A mesure qu’il se developpe, les abonnées risque de passer moins de temps sur le site principal, ce qui peut entraîner des répercussions négatives sur le modèle économique de l’entreprise.

« Au final, beaucoup de gens risquent de trouver qu’il est plus intéressant d’emporter partout son réseau avec soi que d’avoir un site central de réseautage », remarque Noah Brier, responsable de la planification stratégique au sein du Barbarian Group, société de marketing digital.

Les analystes scrutent constamment l’horizon à la recherche d’un concurrent qui pourrait détrôner Facebook ? « Qui sera le prochain Facebook ? demande M.Brier, avant de répondre : Ce sera facebook Connect ».

Source "The New York Times" 19 Mars 2010 


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