Nous dirigeons-nous vers une censure d’Internet ? |
Les mesures C’est la police criminelle qui transmettra aux FAI une liste de sites Internet suspicieux dont l’accès sera interdit et bloqué. Les internautes tentant de se rendre sur les sites inscrits sur la liste en question recevront un message d’erreur. Leur adresse IP ne sera néanmoins pas transmise aux autorités. Les internautes qui tenteront de contourner le blocage mis en place pourront être poursuivis. Des réactions partagées Bien que tout le monde s’accorde à dire que les sites de cet ordre doivent être censurés, la démarche n’est pas du goût de tous. En effet, le député d’extrême gauche Jörn Wunderlich a dénoncé « une porte ouverte à la censure d’Internet ». La communauté Internet (Twitter, blogosphère) redoute également une censure d’Internet et le nombre d’opposants à la loi ne cesse d’augmenter. Une pétition en ligne a été réalisée et 500 manifestants se sont rendus à la conférence de presse tenue par le gouvernement à ce sujet. La plus grande appréhension des internautes concerne la portée de la censure et son élargissement à des sites non pédophiles. Cette appréhension se base sur l’exemple de l’Australie où 68% des sites censurés n’ont pas de rapport avec ce pourquoi la censure s’effectue. Des inquiétudes sont également évoquées sur le fait que la loi ne prévoit pas, pour le moment, de poursuites envers les sites en question (si ce n’est un accès restreint). Par ailleurs, le type de filtre mis en place peut se contourner et rien n’est fait pour empêcher la diffusion de contenu pédophile par d’autres moyens. Enfin, et c’est l’objet de l’inquiétude sur la portée de la censure, les citoyens n’ont pas de droit d’accès à la « liste noire ». Les risques de dérives sont considérables et effrayent les internautes. Des propositions constructives Cette même communauté s’organise et fait des propositions pour pallier au problème des sites pédophiles sans utiliser la censure mais en inondant d’e-mails de protestation les hébergeurs. Il sera intéressant d’observer durant les jours à venir les réactions des institutions et gouvernements des pays européens. Une réforme de ce type pourrait bien voir le jour en France. Hadopi semble être la base d’une réelle régulation d’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui. 16 juin 2009 - Pauline MONNIER, Assenciel RETOUR VERS TOUTES LES ACTUALITES
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